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Supercondriaque, Dany Boon pâlichon

Vendredi, 14 Mars, 2014 - 18:33 (Dernière maj : ven, 28/03/2014 - 18:37)
Supercondriaque, Dany Boon pâlichon
Crédits image : Pathé
Dany Boon et Kad Merad se retrouvent dans Supercondriaque et passe entre les mains de la critique flash de Crushover.

En 2008, Dany Boon était dans son élément. Comique populaire, personne ne l’attendait aussi fort au cinéma. Modeste et maitrisé, son "Bienvenue chez les Ch’tis" sonnait juste, telle une bonne adaptation sur grand écran de ce qu’il avait saigné sur scène. Un raz de marée populaire plus tard, Dany Boon n’est plus ce petit comique sympa. C’est une des personnalités les mieux payées du cinéma français et il est attendu au tournant à chacune de ses sorties. Beaucoup moins modeste dans ses productions, il n’a jamais réitéré l’exploit des Ch’tis. Son "Rien à déclarer" sonnait creux, tout comme ses derniers rôles (Eyjafjallajökull en tête). Il s'est durablement installé sur le trône du royaume des grosses comédies françaises invraisemblables et grasses, financées en partie par des aides de l'État.  

Dans "Supercondriaque", Dany Boon incarne Romain Faubert, un hypocondriaque célibataire, terrifiant, exaspérant et ultra cliché. Il pourrit la vie de son médecin traitant (Kad Merad) et subit sa maladie, dans l’espoir de s’en sortir un jour et de trouver le grand amour. Ce postulat de départ donne lieu à quelques scènes sincèrement drôles, mais comment en faire un film original et efficace ?

Tel était le défi de son auteur. Au lieu de rester dans un cadre restreint et charmant, Dany Boon a fait le regrettable choix de partir dans une intrigue invraisemblable autour d’un réfugié politique révolutionnaire, d’une usurpation d’identité et autres ficelles scénaristiques grosses comme des treuils. De fait, on rigole parfois, on s’ennuie souvent.

Malgré tout, le film garde un certain charme, surtout grâce à ses acteurs. Kad Merad est enfin très bon. Judith El Zein a un rôle similaire à celui qu’elle avait dans le Prénom, mais n’en reste pas moins délicieusement drôle et trop rare. Valérie Bonneton fait un passage appréciable, encore. Dany Boon fait parfois mouche même si ses mimiques passent d’un film à l’autre jusqu’à l’overdose.

Ce film, d’un classicisme écumé, n’est donc pas un mauvais bougre. Il se laisse regarder, remplit son quota de sourires puis se fait oublier. N’était-ce pas le but ? Avec Supercondriaque, Dany Boon n’a probablement pas voulu rectifier le tir, mais plutôt conforter ses lourds acquis, avec un objectif : faire exploser la machine à pognon. 

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