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Ergo Proxy, anime sous influence

Jeudi, 27 Mars, 2014 - 10:26 (Dernière maj : ven, 28/03/2014 - 18:46)
Ergo Proxy, anime sous influence
Crédits image : Deviantart
Quand Akira et Ghost in the Shell font ménage à trois avec Blade Runner.

Je vois déjà les connaisseurs me sauter à la gorge...

 Je suis au courant. Ergo Proxy n’est pas nouveau. Cet animé réalisé par le studio Manglobe est sorti en 2006 (il y a donc environ 67 ans en années internet). Mais si je vous en parle aujourd’hui c’est parce que j’ai redécouvert cette série il y a peu.

Après 2 années passées à prendre la poussière sur mon disque dur, je n’avais jamais été plus loin que le 1er épisode, jugeant la chose un peu trop prise de tête (oui j ‘étais encore plus jeune et con qu’aujourd’hui).

L'ending theme de chaque épisode est Paranoid Android, de Radiohead. Rien que ça.

Ergo Proxy est une série animé de 23 épisodes, située dans un univers futuriste dystopique où la Terre, ravagée par les erreurs de l’Homme, n’est plus habitable que dans des villes stériles isolées de l’extérieure, recouvertes de gigantesques dômes. La reproduction humaine n’est plus naturelle et l’humanité n’est plus que l’ombre d’elle-même malgré une technologie très avancée. 

L’histoire se déroule principalement à Romdo, un des dômes les plus importants de la planète. On y suit les personnages de Re-l Mayer, une jeune femme flic de 19 ans maquillée comme une émo, petite-fille du maire de Romdo, et Vincent Law, jeune immigré niais mais mystérieux. Malgré les apparences, peu d’animés proposent des groupes de protagonistes où les personnages sont tous aussi intéressants... (Coucou Cowboy Bebop, des bisous.)

Dans ce monde très glauque, aux influences cyberpunk, les humains se font servir par des machines, appelées “Auto-Reivs”. Ces dernières sont très performantes et assistent leurs maîtres dans leur vie de tous les jours, seulement voilà, un virus informatique, le Cogito, “menace” ces Auto-Reivs mais surtout les humains, en créant chez les machines… une âme. 

Iggy, l'Auto-Reiv de Re-l, ressemble à peu près autant à un humain qu'Iggy Pop. Joli clin d'oeil.

Ainsi dotés d’une âme, les Auto-Reivs prennent conscience de leur condition et peuvent se rebeller contre leurs maîtres. La série commence donc avec une enquête policière sur un Auto-Reiv présumé infecté semant le trouble dans le dôme (ça ne vous rappelle pas un petit film de SF ?).

Mais revenons-en à l’histoire : 
Si le thème de l’éveil de la conscience chez une machine et sa relation avec son créateur est quelque chose de vu et revu (personnellement je ne me lasse pas de ce thème), Ergo Proxy le traite de manière intéressante et maîtrisée, de plus, on s'aperçoit rapidement qu’il ne s’agit pas du thème central de l’histoire. La série aborde d’autres sujets plus profonds au fil du développement de l’intrigue, beaucoup plus complexe qu’il n’y parait dans les premiers épisodes. 

Le personnage de Re-l nous change du stéréotype des personnages féminins niais et inutiles de 90% des animés aujourd'hui.

Ergo Proxy est une série expérimentale. Souvent, chaque épisode vous laisse en plein brouillard dans les premières minutes, ne donnant aucun ou très peu de liens de connexion avec l’épisode précédent… Le scénario, quant à lui, se révèle peu à peu de manière subtile… Le procédé a le mérite de vous mettre en tête 23592 questions par début d’épisode et peut déplaire à certains, mais personnellement j’ai adoré tenter de comprendre certaines situations, parfois sans succès (l’épisode sur l’émission de télé par exemple…)

Je commence déjà à spoiler, je vais donc arrêter de parler de l’histoire, qui gagne à rester un mystère pour une personne n’ayant pas encore vu cet animé. Avant de conclure je vais tout de même revenir un point important d’Ergo Proxy : son aspect visuel :

OMG C’EST BEAU C’EST TELLEMENT BEAU QUE JE SAIS PAS QUOI EN DIRE.

Voilà, c’était mon avis sur la qualité d’animation absolument fantastique d’Ergo Proxy. Non, plus sérieusement, le savant mélange 2D/3D, le character design aux petits oignons (mon dieu que Re-l est belle… J’ai rarement vu un personnage aussi beau dans un animé.) Les paysages sombres mais détaillés… Visuellement cet animé est un bonheur pour les rétines. A voir en HD impérativement.

Bref, Ergo Proxy c’est une production de qualité, qui ne tombe à aucun moment dans le fan service, et reste et restera un travail artistique exemplaire pour l’animation japonaise. La série a néanmoins pas mal divisé à sa sortie malgré une critique globalement très positive, en effet certains l’ont qualifié de “prétentieuse”, “arrogante” avec des thèmes un peu pompeux (la création de l’homme, les religions, la condition de l’homme…), une symbolique grandiloquente, et des emprunts éhontés à des grands noms du genre comme Akira, Blade Runner ou Ghost in the Shell; le tout dans un emballage ultra classieux. Mais à ces personnes je dis simplement un grand NON.
Pour moi, Ergo Proxy se rapproche du chef d’oeuvre si on lui enlève des épisodes traînant un peu trop en longueur, et un manque d’approfondissement de son univers. Et si vous ne l’avez pas encore vu, jetez-vous dessus !

Ah, et ai-je mentionné qu’un très bel hommage était rendu aux incorruptibles de Brian de Palma dans un des premiers épisodes ? Non ? Vous verrez de vous même alors !

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