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Diplomatie - Paris brûle-t-il 2

Jeudi, 20 Mars, 2014 - 11:42 (Dernière maj : ven, 28/03/2014 - 12:20)
Diplomatie - Paris brûle-t-il 2
Blague Carambar : quand le sort de la capitale française dépend d’un consul suédois et d’un général allemand.

Diplomatie raconte la rencontre dans la nuit du 24 au 25 août 1944 entre le consul suédois Raoul Nordling (André Dussolier) et le Général Von Choltitz (Niels Arestrup), Gouverneur du Grand Paris. Ce dernier a reçu pour ordre d’Hitler de raser Paris si l’armée nazie devait se retirer devant l’avancée des Alliés. Nordling, vivant à Paris depuis son enfance, est tombé amoureux de la capitale et refuse de laisser Von Choltitz accomplir son devoir. Il a une nuit pour le convaincre.

Le film, réalisé par l’allemand Volker Schlöndorff (Oscar du meilleur film étranger en 1980 pour Le Tambour), est l’adaptation en 35mm de la pièce de théâtre éponyme : un huit clos dans lequel jouaient déjà André Dussolier et Niels Arestrup. D’habitude, je préfère ne pas comparer l’adaptation avec l’œuvre originale. L’adaptation est un exercice délicat qui demande de nombreux compromis. Certains s’en sortent plutôt bien (300, Carnage, les deux adaptations de Millenium), d’autres trahissent l’œuvre originale s’attirant la haine des hordes de fans, et d’autres encore tombent dans l’oubli ne sachant se détacher du modèle. Diplomatie fait partie de ce dernier cas. Nous sommes devant une pièce de théâtre sans le charme du théâtre : Volker Schlöndorff enchaîne les champs, contrechamps, plans fixe de la pièce, sans chercher à créer une quelconque ambiance. Il y a bien quelques tentatives - plus ou moins réussies – avec plans en extérieur pour dynamiser le tout mais cela ne fonctionne pas.

Passage au cinéma oblige, le jeu des acteurs est davantage contenu, moins grandiloquant. Explosifs et passionnés sur scène, ces deux grands acteurs se retrouvent fatigués et mesurés sur grand écran. Il ne suffit pas de poser trois caméras dans une pièce et de demander aux acteurs de réciter leur texte appris sur le bout de doigts pour faire un bon film. Volker Schlöndorff est allé jusqu’à ajouter des images d’archives pour l’introduction et le générique du film. Le principe du moindre effort à son maximum !

Diplomatie sent bon le projet rapidement monté, rapidement exécuté, sans volonté de s’investir. La tentative de faire découvrir cette petite histoire au grand public est louable car tout le monde ne peut pas se rendre au théâtre, mais elle ne dépasse pas le cadre de l’anecdote. Le comble dans tout cela ? On arrive à s’ennuyer durant la courte heure et demi que dure le film…

Le point Histoire : Bien qu’il soit tout à fait possible d’apprécier une œuvre qui ne respecte pas exactement l’histoire dont elle s’inspire (le récent American Bluff en est un bon exemple), j’aime vérifier les choses après la séance afin de ne pas rester dans le faux. Dans le cas de Diplomatie, Raoul Nordling et Von Choltitz se sont effectivement rencontrés à plusieurs reprises à Paris mais aucun document découvert ne retrace leurs conversations.

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