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Critique : Ant-Man

Jeudi, 9 Juillet, 2015 - 00:14 (Dernière maj : mar, 14/07/2015 - 16:23)
Critique : Ant-Man
Crédits image : Marvel
Le nouveau film Marvel arrive en salles le 14 juillet. L'homme-fourmi est-il de taille pour vous séduire?

Alors que les valeurs sûres fonctionnent toujours très bien et engrangent moult pépettes, laissant souvent la qualité sur le bas côté, Marvel a eu la bonne idée d’élargir sa gamme de super héros sur grand écran. Tout a commencé l’année passée avec les Gardiens de la Galaxie, mais ceci avait une saveur particulière, nous propulsant loin, très loin, avec une nouvelle équipe dans un genre globalement éloigné du film classique, l’espace et sa science-fiction. Mais voilà, la stratégie de Marvel consiste aussi à nous proposer de nouveaux super-héros isolés et plus ordinaires, sur Terre. De possibles nouveaux Avengers. Le premier à se lancer dans cette grande aventure du "renouveau" est Ant-Man, en salles le 14 juillet.

L’homme-fourmi n’est pas un inconnu même si son aura en France est bien léger comparé à sa renommée américaine. Initialement dans le comics, Ant-Man est l’avatar d’un savant de génie, Hank Pym, membre fondateur des premiers Avengers, dans les années 60, aux côtés de son épouse, La Guêpe. Au cours de ses très nombreuses aventures, ce bon vieux Hank a cédé le costume à d’autres personnages dignes de confiance, dont un ancien voleur du nom Scott Lang. C’est ce dernier qui a les honneurs de Marvel sur grand écran. 

A sa sortie de prison, Scott Lang (Paul Rudd) n’a pas d’autres plans en tête que celui de faire partie de la vie de sa fille vivant chez son ex-femme (Judy Greer) et son nouveau mari (Bobby Cannavale). Sans emploi, sans appartement, il squatte chez son ancien codétenu Luis (Michael Pena) qui le met sur un coup qui pourrait définitivement changer sa vie, bla bla. Et en effet. Dans une ravissante demeure qu’il cambriole, Scott trouve un costume aux pouvoirs exceptionnels qui lui permet de rétrécir et d’accroître bougrement sa force. Diablement curieux et amateur de soirées costumées, Scott l’enfile et devient Ant-Man, involontaire héros subtilement manipulé par Hank Pym (Michael Douglas), épaulé par sa fille Hope (Evangeline Lilly), qui veulent mettre un terme aux plans machiavéliques de l’ancien padawan du papounet, Darren Cross (Corey Stoll, oui, le mec de House of Cards), propriétaire de l’armure YellowJacket. « Mais tu spoiles ?! ». Alors là, non, tout est dans la bande-annonce.

A première vue, il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil mais tout ceci n’est qu’apparence. Sans vous en dire plus sur l’intrigue et notre rencontre avec Ant-Man, n’y allons pas par quatre chemins : ce nouveau Marvel est une perle (pour un film du genre). Loin de s’ennuyer avec une intrigue aux multiples embranchements à l’image des deux Avengers, Ant-Man se limite habilement à un schéma simpliste, tout nouveau, tout beau : un héros, un méchant, un plan. La force du film est bien ailleurs.

Marchant dans les pas des Gardiens de la Galaxie, Ant-Man s’abandonne dans le second degré et cela fonctionne à merveille. Paradoxalement, les deux films ont tout pour s’opposer, l’un dans l’immensité de l’espace, l’autre dans l’infiniment petit, mais un même ingrédient les lie indéniablement : l’humour. Aucun Marvel n’en est dénué, mais ces deux exemples l’utilisent davantage et plus finement, leur permettant de ne pas céder au pesant classicisme des productions Marvel. On rigole donc beaucoup devant Ant-Man, et pas forcément là où on s’y attend.

A aucun moment le film ne se prend au sérieux, faisant de l’œil aux films des années 80-90 et nous baignant alors dans une fraicheur très agréable, cassant la routine d'un Marvel Cinematic Universe aux schémas bien trop usés. Voilà une chose auquelle on ne s'attendait pas, suite au départ d'Edgar Wright (Shaun of the Dead) remplacé dans le fracas par un Peyton Reed au CV si peu sexy.

Rassurez-vous, Ant-Man n’est pas qu’une comédie. Le spectacle est au rendez-vous. La petite taille de son héros donne lieu à des situations inédites et très réussies. Les amoureux des films du genre en auront donc pour leur argent, même si le film n’attend jamais la démesure d’un Man of Steel ou d’un Avengers. Est-ce un mal ? Pas vraiment, puisqu'on a déjà tout vu, plusieurs fois.

L’autre réussite de ce film est sa distribution. Le scepticisme était de vigueur lorsque Paul Rudd a obtenu le rôle-titre. Aujourd’hui, disons-le, l’acteur de Friends est la meilleure idée casting de Marvel avec Chris Pratt. Très drôle, crédible et constamment léger, il fait mouche à chaque scène.

En mentor Michael Douglas est très convaincant et semble s'éclater. Il donne naissance à un Hank Pym qui n’est pas qu’un second couteau. On comprend ainsi mieux la volonté de Marvel de faire un prequel sur sa carrière en homme-fourmi.

Evangeline Lilly reste en retrait, sans grande profondeur comme bien souvent dans les premiers rôles féminins dans les Marvel, mais elle s’en sort nettement mieux que Natalie Portman dans Thor pour ne citer qu’elle.

Plus en retrait, le trio des voyous gravitant autour de Scott contribue grandement à la légèreté du film.

Gros bémol, Corey Stoll incarne un super méchant sans surprise qui ne marquera pas les esprits. Mais voilà, il ne fallait pas en attendre plus. Il n’était là que pour accompagner la naissance d’Ant-Man et son équipe, lui permettre simplement d’étaler ses pouvoirs confronté à un némésis anecdotique. 

Ant-man : 4/5

Sans grand génie dans la mise en scène, sans audace scénaristique, Ant-Man apparait pourtant comme un vent de fraicheur inespéré pour conclure une délicate seconde phase du Marvel Cinematic Universe. Une nouvelle échelle, des personnages attachants et un second degré total lui permettent de se glisser sans souci parmi les 2-3 meilleurs films de la franchise. Belle surprise estivale.

USA. Sortie le 14 juillet. Réalisé par Peyton Reed. Avec Paul Rudd, Michael Douglas, Evangeline Lilly, Corey Stoll, Michael Pena, T.I., David Dastmalchian, Bobby Cannavale, Judy Greer, Anthony Mackie, Hayley Atwell, John Slattery... Durée : 1h58.

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