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American Bluff, la prestigieuse arnaque

Vendredi, 14 Mars, 2014 - 18:02 (Dernière maj : ven, 28/03/2014 - 12:21)
American Bluff, la prestigieuse arnaque
Christian Bale et Amy Adams, deux escrocs, essayent de préserver leur grand Amour tout en travaillant de force pour le FBI. Années 70 obligent, vêtements aux couleurs outrageantes, perruques hallucinées et musique de bon goût sont de la partie dans le nouveau film de David O'Russell au casting impressionnant.

Pour Christian Bale, le cinéma est une question de poids. On le savait adepte des transformations physiques : squelettique dans The Machinist, armoire à glace dans la trilogie Batman de Christopher Nolan. Bale s'est depuis régulièrement rendu chez l'anti-Dunkan américain nommé MacDonald's. Bide à l'air, perruque, montre en or, Irving Rosenfeld (le personnage incarné par Bale) a tout du mac dans American Bluff. Et pourtant, c'est bel et bien une grande histoire d'amour, mise à mal par les mensonges quotidiens, entre deux escrocs qui nous est contée.

RIP sex symbol Christian Bale 2000- janvier 2014

Librement inspiré de l'affaire Abscam des années 1970, Irving Rosenfeld et Sydney Prosser (interprétée par Amy Adams) s’aiment éperdument mais sont forcés de coopérer avec le FBI et de partir à la recherche de plus grands escrocs qu'eux. Sinon, c'est la prison, avec une belle tunique orange.


Classique, American Bluff prend les films d’escrocs réalisés par Scorsese comme exemple. Il est même possible de faire le parallèle entre Le Loup de Wall Street et American Bluff tant les deux réalisateurs semblent mettre leur scénario au second plan pour s’intéresser davantage à leurs personnages haut en couleur, un peu fous mais terriblement attachants. Et c’est bien là qu'American Bluff tire son épingle du jeu, grâce à son casting cinq étoiles : la réunion des acteurs de Fighter et Hapiness Therapy, deux oeuvres également réalisées par David O. Russell. Bale et Adams sont donc accompagnés de Bradley Cooper (un chien fou du FBI, tout droit sorti d'un film des frères Cohen, qui aimerait mener à bien une affaire « Bigger than life »), Jennifer Lawrence (la femme débilo-manipulatrice-maniacho-chiante de Irving) et Jeremy Renner (un politique véreux mais quand même vachement sympa). Mention spéciale pour les tenues (très) sexy et les perruques improbables portées par Amy Adams, témoins du grain de folie et de l'insouciance des 70's. Tous ces personnages se développent naturellement, s’emmêlant dans des histoires qui les dépassent, pour notre plus grand plaisir.

Le meilleur et le pire des années 70 en une image

S’il peut être considéré comme mal rythmé, le deuxième acte du film prend son temps, American Bluff n’en est pas moins réjouissant, un de ces films où l’on ressort de la salle avec la banane. Là était le pari de David O. Russell : faire un film qui donne du plaisir aux spectateurs, à l’inverse d’un biopic historiquement parfait mais trop clinique. Le réalisateur s’amuse avec l’Histoire, ses acteurs et personnages, et nous aussi !

Malheureusement, le public français semble bouder American Bluff , tout comme les Oscars d'où le film est reparti bredouille malgré ses 10 nominations... Peu de chance donc qu'il atteigne le million de spectateurs dans notre box-office national. Lot de consolation : les Golden Globes 2014 l’ont élu « meilleure comédie », c'est déjà ça !

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