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All Is Lost - Un Robert à la mer

Mardi, 15 Avril, 2014 - 10:08 (Dernière maj : jeu, 24/04/2014 - 18:41)
All Is Lost - Un Robert à la mer
Toi qui te pose devant ce film, abandonne toute espérance de divertissement !

Il n'a pas de bol ce Robert Redford. Il voulait faire un petit film peinard de quelques dizaines de milliers de dollars, bien au chaud dans son petit bateau, mais voilà qu'un conteneur chinois rempli de Nike fend la coque de son embarcation en deux. Le marin moyen aurait paniqué, appelé à l'aide en langage Sioux en brûlant son navire, mais pas Robert. Lui, il rebouche tranquillement le trou avec de la peinture au caramel et quelques compresses géantes. Puis, comme il aime bien les emmerdes, il se jette dans une tempête. Un peu foufou le Robert, faudrait arrêter la Piña colada.

All Is Lost est la lutte d'un homme dans un environnement plus qu'hostile. Heureusement, notre homme est doué d'une capacité de survie bien supérieure à la moyenne. Quand tu vois que certaines personnes meurent bêtement écrasées sous quatre tonnes d'ongles, Robert saute de navire en navire et traverse deux tempêtes sans broncher. On finirait même par croire qu'il est atteint de mutisme le pauvre garçon. Balancer trois "fuck" et deux "non non non" en 1h30 de film, alors que Poséidon abuse de ses pouvoirs pour l'attirer dans les profondeurs, ce n'est pas à la portée de tout le monde. L'avantage, ça n'a pas coûté cher en doublage.

Face à l'imminente tempête, Robert serra très fort son beau et grand mât.

Ceci dit, un humain, seul dans un environnement hostile, cherchant à tout prix à retrouver la terre, cela ne vous rappelle rien ? Quand Gravity choisit la voie du blockbuster qui explose la rétine du spectateur à grand coup de débris dans la face, All is lost  lui penche pour un naturalisme total. Danny Boyle a également prouvé que l'on pouvait réaliser un film passionnant en reprenant l'histoire d'un mec coincé 127 heures tout seul dans le désert, avec pour seuls compagnons du sable et trois rochers. Mais non, pas ici.

Le réalisateur J. C. Chandor (Margin Call) décide de suivre Robert à la trace, de filmer chacun de ses faits et gestes, sans nous laisser une seule seconde de répit. Robert à la barre. Robert mange des conserves. Robert scie une planche. Robert barbote sous l'eau, Robert dort dans la cabine, Robert cherche des vivres, Robert tente de boire de l'eau douce, Robert sort le canot de sauvetage, Robert pompe l'eau hors du bateau... Toute cette inaction est accompagnée de la même petite moue de l’unique acteur, tout le long du film.

Robert qui imite les spectateurs.

Oui, je sais Robert. T'es un mec bien, un bon acteur et t'es le président du festival indépendant Sundance. Mais ce n’est pas toi que je vise avec cette critique. Plutôt ce film chiant comme la pluie battante dans laquelle se fourre ton personnage. Si tu décides de faire un remake après le bide rencontré (moins de 73 000 entrées en France), n’hésite pas à te laisser aller cette fois-ci. On s'éclate bien plus sous l'océan.

Sortie du DVD/Blu-Ray le 15 avril, au prix de quelques pintes entre potes.

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